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"CEUX QUI DISENT: ENCORE
"Je suis vieille. Je n'en tire pas de gloire. Je n'y ai aucun mérite. Il
m'a suffi d'attendre et ce n'est pas tellement long. Pourtant, certains
souvenirs paraissent appartenir à une vie antérieure. Mais c'est une affaire
entre ma mémoire et moi. Elle ne concerne pas les autres. Ce qui les concerne, par contre, et que je leur reproche, c'est leur
façon de me parler. Oh, très poliment, très gentiment, mais avec un mot qui
revient comme une ritournelle : "Vous avez encore de beaux cheveux", dit la
coiffeuse. "Vous bêchez encore votre jardin", dit le voisin. "Tu lis encore sans
lunettes", dit mon amie. Et pourquoi pas, tant qu'ils y sont, "vous êtes encore
en vie" car c'est ce que j'entends derrière cette surprise qui se veut
aimable. Ce n'est pas l'évocation du grand départ qui me déprime, je l'accepte.
Mais cette conviction que vieillesse est synonyme de décrépitude, délabrement,
abandon. Comment le "troisième âge" aurait-il du courage s'il est admis que pour
lui, tout est ruine et qu'un pan de mur encore debout est un miracle à
saluer ?Sachez, vous qui me parlez gentiment, que j'ai le coeur encore rempli
d'espoir, la tête encore pleine de projets. Et que mon "encore" à moi ne
signifie pas ce qui reste d'hier, mais ce que j'attends de demain. 
Que vois-tu?
Que vois-tu, toi qui me soignes, Que vois-tu Quand tu me regarde Que penses-tu?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle, le regard perdu, qui n'y est
plus tout à fait, qui bave quand elle mange et ne répond jamais. Qui, quand tu dis d'une voix
forte:"essayez!", ne prête aucune attention à ce que tu fais et ne cesse de perdre ses chaussures et
ses bas. Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise le bain ou les repas, pour occuper la
longue journée grise.
C'est ça que tu penses et c'est ça que tu vois. Alors... ouvre les yeux; ce
n'est pas moi! Je vais te dire qui je suis, assise là tranquille, me déplaçant à ton ordre,
mangeant quand tu veux. Je suis... La dernière de dix, avec un père, une mère, des frères et soeurs qui
s'aiment entre eux. Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds, rêvant que bientôt elle rencontrera un
fiancé. Mariée déjà à vingt ans, mon coeur bondit de joie au souvenir des voeux
faits ce jour-là. J'ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi, qui a besoin de moi pour lui construire une
maison. Un fils de trente ans. -Mon enfant grandit vite- Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront, Quarant ans bientôt! Il ne sera plus là; mais mon homme est à mes côtés, qui veille sur
moi. Cinquante ans : à nouveau, jouent autour de moi les bébés, me revoilà avec des enfants,
moi,mon bien-aimé.
Voiçi les jours noirs; Mon mari meurt, il regarde vers le futur en frémissant de peur, car mes
enfants sont trop occupés à élever les leurs. Je pense aux année, à l'amour que j'ai connu. Je suis "
vieille" maintenant, et la nature est cruelle, qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s'en va, la grâce et la forme m'abandonnent. Il y a maintenant une pierre là ou jadis j'eux un
coeur. Mais dans cette vieille carcasse la jeune fille demeure, dont le vieux coeur se gongle sans
relâche. Je me souviens des joies, je me souviens des peines, et à nouveau je sens ma solitude. Je
pense aux années trop courtes, trop vite passées. J'accepte cette réalité implacable : rien ne
peut durer. Alors, ouvre les yeux, toi qui me soignes, et regarde, non la vieille femme
grincheuse...
Regarde mieux, tu me verra. 
D’un parent à son
enfant.
Le jour ou tu
trouvera que je suis devenu très vieux, essaie d’avoir de la patience envers
moi, essaie de me comprendre.Si je me salis en
mangeant…Si j’ai de la
difficulté à m’habiller… Soie patient.
Souviens-toi des
heures que j’ai passé à t’apprendre toutes sortes de choses quand tu étais
petit.
Si je répète la même
chose des dizaines de fois, ne m’interrompt pas ! Écoute-moi !
Lorsque tu étais
petit, tu voulais que je te lise la même histoire soir après soir, jusqu’à ce
que tu t’endormes. Et je l’ai fait
Si je ne me lave plus
aussi souvent, ne me réprimande pas… Souviens-toi combien
d’excuses je devais inventer lorsque tu étais petit, pour te faire prendre un
bain.
En voyant mon
ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas, laisse moi le
temps de comprendre…
Je t’ai appris tant
de choses, Bien manger… Bien t’habiller… Bien te présenter… Comment affronter
les problèmes de la vie…
S’il m’arrive à
l’occasion de manquer de mémoire ou de ne pas suivre une conversation… Laisse-moi le temps
nécessaire pour me souvenir… Et si je n’y parviens pas, ne deviens pas nerveux
et arrogants… Car le plus important
pour moi, c’est d’être avec toi et te parler.
Si je refuse de
manger, ne me force pas ! Je sais très bien
quand j’ai faim et quand je n’ai pas faim.
Quand mes pauvres
jambes ne me permettront plus de me déplacer comme avant… Aide-moi de la même
manière que je tenais tes petites mains pour t’apprendre à faire tes premiers
pas. Et quand un jour je
te dirais que je ne veux plus vivre… que je veux mourir… Ne te fâche pas, car
un jour tu comprendra.
A un certain âge, on
ne vit plus vraiment, on survit simplement. Si j’ai commis des
erreurs, sache que j’ai toujours voulu ce qui était le mieux pour toi. Tu ne dois pas te
sentir triste ou incompétent face à ma vieillesse. Reste près de moi,
essaie de comprendre ce que je vis, fait de ton mieux comme je l’ai fait à ta
naissance.
Aide moi à marcher…
aide moi à terminer ma vie avec Amour et Patience. La seule façon qu’il
me reste pour te remercier, c’est un sourire et beaucoup d’amour
pour toi.
Je t’aime mon enfant

Si c'est lui, si c'est elle
Il y a bien longtemps Que je me suis penchée Sur une feuille blanche Je n'y arrive plus, j'ai tout oublié Le sujet, le verbe, le passé, le présent
Je ne sais plus prendre un stylo Dans ces doigts crochus et froids Ma mémoire fout le camp, et j'ai oublié Le bon comme le mauvais Qui est entré ou sortie de ma vie
Je ne sais plus, si c'est elle Si c'est lui, je suis toute seule Dans cette chambre impersonnelle A l'odeur de médicaments et d'éther Ils m'ont mis là, un beau jour
Je ne sais plus, si c'est elle Si c'est lui, mes amours Mes petits, ils m'ont laissés De temps en temps une carte Je ne les voit plus, ni mes petits-enfants
Je ne sais plus, si c'est elle Si c'est lui, qui m'a déposé Dans cette maison, pour m'y laissé Mon stylo tombe, je ne trouve plus les mots Mes yeux se brouillent.....
Misslol
28/02/2001

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