"Elle était une fois" chez Denoël.
Née à Oran d’une maman rossignol et d’un papa ressemblant à Tyrone
Power, elle grandit en Algérie au milieu de ses deux frères et de sa grand-mère
adorée. Enfant rêveur et calme, elle aimerait s’habiller en petite fille mais
n’en a pas le droit.
A quatorze ans, après une tentative de suicide ratée, elle
s’envole pour un séjour de courte durée à Paris. Dès lors, elle sait qu’elle y
reviendra et qu’elle y fera sa place.
1962 oblige toute la famille à venir vivre en France. Coiffeuse le
jour, elle court les boîtes la nuit et s’enfonce avec délice dans la drogue et
dans les lits des uns et des autres. De Montparnasse à Pigalle en passant par
Saint-Germain-des-Prés, Marie est de toutes les fêtes et de tous les
plaisirs.
De chez Castel à la Coupole, du 7 au Palace, elle séduit les
femmes et les hommes et s’étourdit dans les paillettes et sous les néons. Tous
les moyens sont bons pour elle pour se faire remarquer : elle casse des verres
dans les bars connus lors de caprices mémorables ou elle monte sur scène alors
qu’elle n’a rien à y faire.
Il semblerait toutefois qu’un ange gardien veille sur elle. Sa
route croisera successivement la bande de la Coupole (Clémenti, Kalfon, Ogier,
Schuhl, Eustache), les pères du mouvement punk (Adrien, Pacadis, Eudeline) et
les fameuses Gazolines. Jean-Marie Rivière en fera la reine de l’Alcazar et son
numéro de Marilyn sera connu du monde entier. Comment cette artiste underground
fait-elle pour enthousiasmer des talents reconnus et si différents que Arrieta,
Téchiné, Mordillat, Duras ?
Ou encore Mondino, les Rita Mitsouko, Marc Almond et, bien sûr
Pierre et Gilles, qui, au travers de leurs photos en feront une icône admirée de
Tokyo à Buenos Aires.
Après des années d’autodestruction, elle s’appropriera enfin le
corps qui va avec son âme véritable. Un astre nommé Marie-France est né.
"Elle était une fois" chez Denoël.
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