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Poème de Grisélidis Réal

 

Genève le 27 Septembre 2003

     Pour Diane      

Ni la maladie, ni la mort, ni le mépris,ni la bassesse misérable
de ceux et celles qui nous jugent ne nous détourneront de nos noyaux les plus précieux,
enfouis en nous sous tellement de souffrances:
nos rages, nos espoirs, notre amour fou de la vie, des rêves, et de nos révoltes foudroyées.

     Grisélidis Réal.      

 

A Diane.

Mon Garde du cœur

A contre-Corps

 

Hallali

L' oiseau venu mourir les ailes repliées

Dans le silence et la douleur de l'hôpital

A navigué longtemps sur des parcours contraires.

En attaquant du bec son destin capital,

S'est dévoré lui-même, oiseau brûlant de cendres

Les lumières du soir jettent leur or liquide

Dans le ciel bleu argent

Inéluctable est l'heure, impassible l'instant

Qui fauche à la racine la fleur de notre vie,

Quand tourne et quand s'arrête la roue couleur du temps

J'abandonne mes ivresses passées

J'exile mes passions secrètes

Mains douces, mains de feu zébrant la chair obscure

Alcool noir. alcool rouge, alcool vert

Sexe bleu, Coeur en fête.

Couchez-vous Voluptés

Comme des chiens à mes pied

Et léchez vos blessurs

J'entends la nuit chanter

Bien au-delà des murs

L'aurore s'envoler

Sur son lit de velours

Les oiseaux se sont tus, la voix du vent s'arrête

Plus rien ne résonnera dans ma tête

Que le gong fatal silencieux.

     Grisélidis Réal.      

Hôpital Universitaire de Genève, le 11 mai 2002.